Pour digitaliser une formation présentielle, ne la transposez pas telle quelle en vidéo ou en visio. Reprenez-la séquence par séquence et décidez pour chacune : la garder en salle, la passer en classe virtuelle, en faire un module en ligne ou la supprimer. Commencez par les exposés : chacun peut les suivre seul, à son rythme.
En ligne, l'exposé ; en direct, la pratique.
Avant de digitaliser une formation présentielle, listez ses séquences
Partez du déroulé de la formation, ou reconstituez-le avec le PowerPoint et le formateur. Écrivez une ligne par séquence, c'est-à-dire par moment où l'apprenant fait une seule chose : écouter, s'exercer ou échanger. Notez pour chacune son support et sa durée réelle, pas celle du programme.
Salle, classe virtuelle, module ou rien : 4 questions par séquence
Posez ces questions dans l'ordre : la première qui tranche décide.
- La séquence sert-elle l'objectif de la formation ? Si elle n'existe que pour organiser la salle (tour de table, programme, récapitulatif, relecture du support), supprimez-la ou remplacez-la par un e-mail ou un questionnaire.
- Faut-il voir et corriger un geste ? Manipuler un produit ou un équipement, tenir une posture face à un client : gardez la séquence en salle.
- Le groupe doit-il échanger en direct ? Étude de cas, débat, retour d'expérience, questions au formateur : passez-la en classe virtuelle.
- Sinon, chacun peut-il la suivre seul, à son rythme ? Exposé, démonstration, consignes, vérification des connaissances : faites-en un module en ligne, avec une question après chaque notion.
Si vous devez transformer une formation présentielle en distanciel, sans aucune salle, faites filmer la pratique avec l'accord des participants. Commentez-la en classe virtuelle : c'est moins fin qu'en salle.
Dans une méta-analyse du ministère américain de l'Éducation publiée en 2010, les cours entièrement en ligne ont fait jeu égal avec la salle. Les cours mixtes ont fait mieux. Selon les auteurs, cet avantage ne tient pas forcément au média : ces cours comprenaient probablement plus de temps d'apprentissage, de ressources et d'occasions de collaborer. Ce que vous mettez dans chaque séquence compte donc plus que son support.
Exemple : une journée de 7 heures, triée séquence par séquence
Prenons une formation fictive, « Conseiller un client en boutique » : une journée de 7 heures en salle pour 10 vendeurs.
- Accueil, tour de table et programme (30 min) : supprimés ; le programme part par e-mail, les attentes sont recueillies au début du module (question 1).
- Exposé sur les 4 étapes d'un entretien de conseil (1 h 15) : module en ligne, une question après chaque étape (question 4).
- Présentation des produits de la saison (45 min) : module, ou fiches à consulter (question 4).
- Quiz oral de fin de matinée (15 min) : remplacé par les questions du module (question 4).
- Étude de cas en sous-groupes, puis mise en commun (1 h) : classe virtuelle, avec une salle virtuelle par sous-groupe (question 3).
- Mises en situation à trois, produit en main (2 h) : salle, où le formateur voit et corrige la posture et le geste (question 2).
- Débrief et plan d'action individuel (30 min) : classe virtuelle, 2 semaines plus tard, sur ce que chacun a essayé en boutique (question 3).
- Récapitulatif et évaluation à chaud (45 min) : supprimés ; l'évaluation devient un questionnaire en ligne (question 1).
Sur 7 heures en salle, il en reste 2, toutes pour la pratique. La classe virtuelle en prend 1 h 30, en deux fois, et le module 2 h 15, dont la durée en ligne reste à mesurer. Le reste, 1 h 15, disparaît ou tient dans un e-mail et des questions en ligne.
Comment recomposer le parcours dans le temps ?
Le module d'abord, la pratique ensuite : c'est le principe de la classe inversée. Selon David van Alten et ses collègues (2019), qui ont réuni 114 études du secondaire et du supérieur, elle a un petit effet positif sur les apprentissages. Les résultats sont meilleurs quand le temps en classe n'a pas été réduit, ou quand des quiz ont été ajoutés. Le module libère donc du temps pour la pratique : si les heures en salle diminuent, ce sont les exposés qui partent.
Étalez le parcours sur quelques semaines. Selon John Dunlosky (2013), qui a passé en revue 10 techniques d'apprentissage avec ses collègues, espacer ses séances fait retenir plus longtemps que les regrouper, même à temps égal. Il parle d'élèves et d'étudiants, sans fixer d'intervalle : l'exemple met le module en semaine 1, la pratique en semaine 2, le débrief en semaine 4.
Pour une action de formation au sens du Code du travail, menée en tout ou partie à distance, l'article D6313-3-1 prévoit trois éléments. Il s'agit d'une assistance technique et pédagogique appropriée, d'une information sur les activités pédagogiques à effectuer à distance et leur durée moyenne, et d'évaluations qui jalonnent ou concluent l'action. Le test décrit plus bas aide à mesurer cette durée moyenne.
Cet article de blog donne les règles générales. Votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir autre chose.
Par où commencer : un premier module, testé avant la séance
Faites d'abord un module de l'exposé que le formateur répète à l'identique à chaque session. S'il tient dans un PowerPoint, voyez comment transformer un PowerPoint en e-learning.
Faites tester ce module par 3 participants de la prochaine session, avant leur séance en salle. Notez le temps que chacun y passe et les questions que tout le monde rate : reprenez ces points en salle. Passez ensuite à la séquence suivante.
Pour la partie module, Complement peut générer un module à partir de vos supports de formation, quiz compris. Un avatar présente le cours, interroge l'apprenant et commente ses réponses à l'oral. Le tableau de bord montre la durée moyenne pour le terminer et la réussite aux quiz par chapitre. Le module ne s'exporte pas, ni en SCORM ni dans un autre format. Il se diffuse par lien ou, sur devis, dans votre plateforme de formation (LMS) via la norme LTI 1.3.
Pour tester ce premier module : essai gratuit de 7 jours, sans carte bancaire, avec jusqu'à 5 apprenants et 5 heures d'utilisation cumulées.
